Raid 03/04

15.01

Météorologiquement parlant la journée commence mal. A Sankt Margarethen il neige bien, Le brouillard est très épais. Le moral en prend un petit coup, mais bon je vais quand même déjeuner.

Je pars tranquillement vers le sommet par un chemin balisé et un moment après je me retrouve au sommet. Il vente et il neige: j’ai l’habitude par ici. Je me pose un instant dans un garage à rattrack, car en fait je suis aussi au sommet des pistes. Au vu du vent elles sont fermées. Je m’oriente un peu et je pars, Je loupe un couloir et j’en prend un autre, qui va pas vraiment ou je veux; je remonte 150 m et je prends enfin la bonne direction en descendant un couloir qui me porte sur une crête bien large. Neige, vent, brouillard facilitent bien les exercices d’orientation.

Je longe la crête dans la tempête, mais le soleil n’est pas loin, Et enfin, il est là. Le vent, lui, est toujours présent, mais peu importe, avec une bonne visibilité tout est bien plus facile. Il est l’heure d’enlever les peaux et de profiter un peu de la poudreuse. Proche de la crête elle est rare, plus bas par contre un régal. Au fond de la vallée je me retrouve sur un chemin forestier en légère pente; faut tracer.

Hier soir, dans un resto bondé, un monsieur me demande s’il peut prendre place à ma table. On parle de la pluie et du beau temps, jusqu’au moment ou il me demande si je suis là en vacances ou pour travail.

Il vient de faire 6 mois le tour du monde, notamment en Patagonie et dans le Caucase,

On parlait la même langue :-)

16.01

Je pars vers 8h30. Je mente tranquillement en faisant la trace et à chaque pas je m’enfonce d’au moins 30 cm. Je suis content car je ne suis pas seul : je vais pouvoir partager le dur labeur avec deux autrichiens qui me suivent, je me dis. Apparemment ce n’est pas leur point de vue. Ils restent à distance, même quand je m’arrête pour prendre une photo (il serait manquer d’orgueil dire ´souffler un coup’).

Une deuxième section de 1 km environ est presque tracée par les motoluges des chasseurs, qui l’hiver vont nourrir les animaux dans des abris prévus pour ça.

Les 6 km restants jusqu’au col sont long. A chaque pas je m’enfonce d’environ 40 cm, mais un pas après l’autre et surtout dans une symphonie de woom j’arrive au col. Les woom à la montée me font un peu soucis, notamment en envisageant la descente dans des pentes un peu plus raides. Tranquillement au col je mange et je bois tout en étudiant la carte et la situation.

En face du col dans des pentes de la même raideur ou je vais descendre une dizaine de skieurs; moins de neige et rien ne bouge. Je descend un peu et la quantité de neige diminue sensiblement; j’enlève les skis pour passer un ou deux coins sans neige ou presque, comme c’est différent.

Les chamois dont au col j’avais aperçu les traces, me sifflent.

Gentiment je descend, comme sur des oeufs, tellement il y a peu de neige dans cette partie.

Je m’arrête boire un café dans un resto de montagne. Je suis content, reste plus que le dernier bout, sur des pâturages et quelques km de route à faire à pied.

Une belle journée se termine.

Sur la route je papote 5 minutes avec une dame du coin pas toute jeune, mais qui fait sa promenade journalière. Elle se fait descendre au village et elle remonte les 300 de dénivelles la portant chez elle. La montée étant moins glissante que la descente ! Chapeau madame.

17.01

Quand j’avais préparé la journée j’avais quelque chose comme 15 km et 1500 m de montée, ce qui équivaut à environ 5h. La journée fut longue, très longue. Le début se déroule comme prévu, Je bénéficie aussi de la trace faite par un tracteur. Les 30 cm de neige tombée il y a 2 jours est lourde, mais ce n’est pas la bonne excuse. Dans la tête circulent des pensées négatives, sur les 1000 choses que j’aurais du faire autrement dans ma vie; j’en chasse une et voilà que la prochaine pointe son nez. En plus j’ai soif, terriblement soif alors que normalement ai pas trop besoin de boire. A quelques reprises je pense faire marche arrière, mais non, je cherche mes ressources au fond et j’avance. La dernière heure est faite avec un « enmi » supplémentaire, le vent.

J’arrive enfin à la cabane après 8 heures d’effort. Enfait, faut encore peler pour ouvrir la porte, et faire l’intendance pour avoir de l’eau et avoir chaud.

Vers 18 heures je goute les pâtes au ragu: une délice. 19h30 dans les bras de Morphée, je dors profond. Dehors le vent continue son travail de transporteur de neige et de constructeur de plaques à vent; il neige un peu, comme prévu, mais c’est le transport de neige qui m’inquiète le plus. Pour aller au col que j’ai prévu de passer je dois traverser des dixianes de petits vallons qui se remplissent de cette neige.

18.01

Je me réveille vers 8h30. Le vent transporte tellement de neige que depuis la porte de la cabane je n’ai aucune visibilité.

Je déjeune tranquillement en réfléchissant encore aux variantes. Je me lance dans la traversée avec ce que je connais et toutes ses inconnues ? Quels sont les variantes de repli que j’ai dans ce cas ?

Bref, une fois le the fini je pacte le matériel et je retourne sur mes pas. Je dois aussi passer des coins intéressants, mais je lais connais.

Je pars en oubliant ma deuxième paire de peaux à la cabane.

Je contourne quelques accumulations, avant d’arriver à un endroit ou j’ai aucun choix. Je pose un ski au bon endroit et la pente se vide; je peux la descendre plus sereinement maintenant.

Un deuxième endroit à soucis est aussi derrière.

Je skiote dans la forêt, l’esprit plus tranquille. Au barrage je remets les peaux pour tracer à la descente la longue vallée.

Plus tard dans la descente je perd une peau et je me rends compte de mon oubli ! Je rallonge les bâtons et je me fais une séance ski de fonds imprévue.

Par contre là je suis à pieds ...

J’appelle l’hotel pour dire que j’arrive et je demande si mes paquets sont arrivés et la dame me dit qu’elle les a renvoyés ! Zen, zen, zen .... Ils sont à la poste de Mallnitz.

Je cherche des peaux, ma priorité no une !

19.01

Déjà 16 jours en route. Le temps passe vite !

En préparant ce trip, je me disais que si j’arrivais à faire 70% de ce que j’avais prévu, j’aurais eu de la chance. Pour le moment j’en suis à 37.5% et la perspective n’est pas à une augmentation de cette statistique ! Et alors ? Je regarde l’autre coté de la médaille. Combien de lieux visités non prévus, combien de rencontres que je n’avais même pas imaginées.

Le paragraphe que je viens d’écrire est une synthèse bien réfléchie, résolument positiviste.

Ce qui demande de l’énergie, en dehors de l’effort physique, est l’écoute permanente de la nature (scruter les sommets, observer les vents, sentir les changements venir). En tant que humain du tertiaire, et malgré que je me sens proche de la nature, je me rend compte de la distance que j’ai avec celle-ci. La recherche permanente des signaux ainsi que leur interprétation est encore loin d’être un réflexe.

La recherche continue de variantes de parcours est plutôt amusante; elle est compliquée dans le sens que de mon coté je veux me donner le moins de contraintes possibles et en face, la société est complètement figée, la réservations des nuitée en est un exemple flagrant.

Ce jour ai eu un moment d’échange avec un guide du village. Intéressant; j’ai trouvé des confirmations qui font pas mon beurre. Je lui ai proposé de m’accompagner les prochains jours, et il m’a répondu que il préférait traverser un champ de mines, en faisant référence aux plaques à vent.


A Mallnitz on peut être logé en demi-pension dans un simple 3 étoiles pour 39€ par jour.

Les peaux ne sont plus un problème.

20.01

Une magnifique journée de ski dans le domaine skiable de Mallnitz.

Il y a le loisir de skier sur 1400 mètres de dénivelle sur des belles pistes ou de sortir car ils sécurisent des parties; ce jour malheureusement les parcours hors piste étaient fermés.


La prochaine partie du voyage prend forme. La météo semble continuer dans le beau.

21.01 - 22.01

La météo ces deux jours était parfaite et pourtant je n’ai rien fait du point de vue ski de rando.


Le problème des peaux était résolu samedi dans le sens que je savais que entre lundi et mardi j’allais recevoir une paire de peaux que j’avais prévu en réserve pour moitié du parcours. Mais partir avec une seule paire de peaux passait mal dans ma tète, l’expérience me l’avait prouvé.

Dimanche en buvant un café sur les pistes j’ai eu une bonne discussion avec un gars de la vallée qui me donne l’adresse de Steiner à Spittal an der Drau (https://fr-fr.facebook.com/pages/category/Shopping---Retail/Sport-Steiner-1799536663655666/). La nuit portant conseil, le matin je me rend sur place. Dans un premier temps un accueil digne de la température à 3000. Puis en parlant un peu, j’arrive à l’ouvrir et pour finir, il veut tout savoir sur mon projet et on passe une heure devant l’ordi à regarder le parcours. Je repars vers 11h avec plusieurs choses dans ma poche: 1) les peaux à un très bon prix 2) le savoir faire pour préparer les peaux soit même et 3) un moment cool de discussion.


Le paquet de suisse n’est pas encore arrivé.

La prévision météo pour mercredi sera mauvaise ! Ils disent pas beaucoup de neige et pas de vent.

Je passe l’après midi sur les cartes à planifier la suite, en mode un peu panique. Pour me calmer un peu je sort me balader. Le froid va bien me congeler ces idées.

A priori le peaux doivent arriver demain, le mauvais mercredi et ensuite la météo restera potable jusqu’à dimanche.

Dès que les peux arrivent, je monte dans le domaine du Mölltaler. Je dors à 2400m et je suis bien positionné pour juger la météo. Selon les conditions mercredi ou jeudi je traverse sur Heiligenblut.

Mardi les peaux arrivent, je peux dérouler mon plan de réservation.

Et encore une surprise; j’ai prévu de dormir dans une cabane du cabane du club alpin autrichien, qui s’annonce ouverte, mais elle n’héberge plus personne la nuit et le local d’hiver n’est pas à dispo. Je trouve une autre solution, mais je suis très contrarié. Ce n’est pas la première fois que ça arrive dans mon périple.

En attendant mon bus sur Mallnitz je prend un café chez pension.edlinger.peak.at . Un couple d’hollandais qui vient de reprendre ce business depuis quelques mois. Tombés amoureux du coin ils décidés de déménager de Rotterdam à la recherche d’une meilleure qualité de vie.

Je prend mon bus et une heure après je suis dans mon nouveau logis.

Je m’empreigne de cette nouvelle nature.