Raid 05

21.01 - 22.01

La météo ces deux jours était parfaite et pourtant je n’ai rien fait du point de vue ski de rando.


Le problème des peaux était résolu samedi dans le sens que je savais que entre lundi et mardi j’allais recevoir une paire de peaux que j’avais prévu en réserve pour moitié du parcours. Mais partir avec une seule paire de peaux passait mal dans ma tète, l’expérience me l’avait prouvé.

Dimanche en buvant un café sur les pistes j’ai eu une bonne discussion avec un gars de la vallée qui me donne l’adresse de Steiner à Spittal an der Drau (https://fr-fr.facebook.com/pages/category/Shopping---Retail/Sport-Steiner-1799536663655666/). La nuit portant conseil, le matin je me rend sur place. Dans un premier temps un accueil digne de la température à 3000. Puis en parlant un peu, j’arrive à l’ouvrir et pour finir, il veut tout savoir sur mon projet et on passe une heure devant l’ordi à regarder le parcours. Je repars vers 11h avec plusieurs choses dans ma poche: 1) les peaux à un très bon prix 2) le savoir faire pour préparer les peaux soit même et 3) un moment cool de discussion.


Le paquet de suisse n’est pas encore arrivé.

La prévision météo pour mercredi sera mauvaise ! Ils disent pas beaucoup de neige et pas de vent.

Je passe l’après midi sur les cartes à planifier la suite, en mode un peu panique. Pour me calmer un peu je sort me balader. Le froid va bien me congeler ces idées.

A priori le peaux doivent arriver demain, le mauvais mercredi et ensuite la météo restera potable jusqu’à dimanche.

Dès que les peux arrivent, je monte dans le domaine du Mölltaler. Je dors à 2400m et je suis bien positionné pour juger la météo. Selon les conditions mercredi ou jeudi je traverse sur Heiligenblut.

Mardi les peaux arrivent, je peux dérouler mon plan de réservation.

Et encore une surprise; j’ai prévu de dormir dans une cabane du cabane du club alpin autrichien, qui s’annonce ouverte, mais elle n’héberge plus personne la nuit et le local d’hiver n’est pas à dispo. Je trouve une autre solution, mais je suis très contrarié. Ce n’est pas la première fois que ça arrive dans mon périple.

En attendant mon bus sur Mallnitz je prend un café chez pension.edlinger.peak.at . Un couple d’hollandais qui vient de reprendre ce business depuis quelques mois. Tombés amoureux du coin ils décidés de déménager de Rotterdam à la recherche d’une meilleure qualité de vie.

Je prend mon bus et une heure après je suis dans mon nouveau logis.

Je m’empreigne de cette nouvelle nature.

23.01

Je pars ou pas ? En fait ce matin à 7h il neigeait encore et un épais brouillard était au rendez vous.

Je pense que la gardienne étais surprise me voir débarquer pour la petit-déjeuner à l’heure convenue.

Pour ma part j’étais décidé à partir, en ayant comme dab mes portes de sortie.


Premier défi arriver au bas du couloir; longer une route au bord d’un lac, pas toujours évident, mais enfin j’y arrive. Le couloir est pas trop raide et je le monte a ski. La neige fraiche est présente en quantité, mais ça va. Juste la sortie est travaillée par le vent.

Au sommet je décide de me lancer voir cette descente; voir c’est un abus de langage, au point que je garde les peaux. Je pars un peu à droite et je remonte un peu. Rien de grave, mais la quantité de neige présente est largement plus importante que ce qui étais prévu. Je prend la bon pente pour accéder au couloir final. Le brouillard se lève un peu et je vois une belle corniche qui empêche d’accéder au couloir. Je remonte jusqu’à quand il y a plus de corniche et je rentre enfin dans ce couloir. Ces vas et viens m’ont fait perdre une demi-heure.


Reste maintenant à faire la deuxième montée. Une pente raide pour commencer, ensuite un plat et après de nouveau une montée.

Le soir avant avait longuement discuté avec le guide de la cabane sur le meilleur tracé et il m’avait convaincu que mon idée de parcours n’étais pas la bonne; il n’y avait plus de glace dans cette partie la et que la trace passais par la. Bref, si monsieur le guide dit ! Je commence à monter et le premier tiers passe bien. Le deuxième tiers devient bien plus raide. J’aplatit la trace et les ski glissent toujours en bas. J’enlève les skis et je monte en ligne droite; mes pieds touchent du dur; la progression est difficile, un pas en avant deux en arrière; en fait sous 40 cm de neige il y a de la belle glace bleu. La pente devenant encore plus raide par la suite je remets les skis et je redescend faire le parcours que j’avais prévu.

Je constate que j’ai perdu encore 1h.

Je monte la trace que j’avais prévu seulement jusqu’au petit col et je descend dans une vallée latérale à celle que j’avais prévu pour être dans les temps.

Le brouillard diminue d’intensité et ça me donne le loisir de faire du beau ski, avant de faire du skating sur une route en partie déneigée. 6km de skating pour finir cette journée.


La route déneigée est magnifique et elle me cache une petite surprise au détour d’un virage. Ils ont mis du gravier ! Je me retrouve a 4 pattes, sans aucune conséquence, mise à part pour les skis ! Grand service obligatoire !!!


Ce jour au vu de la technicité du parcours j’ai peu de photos !

24.01

Comme à la maison, faut faire de temps en temps son administratif. Payer les factures en gros. En attendant que mes skis sont prêts je fais aussi ça, en plus que de fignoler les trois prochains jours. Ai déniché un logement que je pourrait rejoindre dans l’après midi, mais pour le proprio, de 1) il ouvre que pour 3 jours au moins et de 2) il faux au moins 4 personnes. En homo economicus je le comprend. En homme fainéant un peu moins.


Visite à Heiligenblut l’après midi.

Evidamment il fait beau, et contrairement aux prévisions, pas de vent sur les sommets.

J’avais oublié hier d’évoquer ma rencontre. Je fais du stop et un monsieur s’arrête. Le temps du trajet il me dit qu’il connais bien le Tessin. il a participé au forage du tunnel de base du Gothard, depuis Faido et maintenant il est dans celui qui lie Bellinzona Sud à Lugano Nord. Dans quelque jours il y retourne dailleur :-)

25.01

Hier en fin de journée j’avais regardé encore une fois la météo et franchement la journée de samedi étais devenue catastrophique, avec des rafales à plus de 100km et de la neige. Les chaussettes les ai retrouvées au fond de la vallée.

Partir ou pas partir ? Si elle a changé si vite dans un sens elle peut aussi le faire dans l’autre, non ?

A 7h j’ai les skis au pieds, la lune est magique et le vent, mon copain, est lui aussi au rendez vous. Je ferais un point toutes les deux heures et au plus tard à Keiser Franz-Joseph Haus je déciderais. Ca fait quand même dans 10 km et 1000 m de denivellé.

La route qui porte à la maison du Roi est agréable. On y trouve de temps à autre des coulée provenant essentiellement de plaques à vent fatiguée de rester plus haut.

Le vent est présent toujours, plus au moins fort, sauf pendant un petit moment ou j’étais dans une pente bien protégée, mais qui du coup, dans les hauts, n’inspirait vraiment pas confiance.

J’avance tranquille et à 9h petit point météo. Je vous laisse deviner les prévisions du samedi.

La nature est riche, le vent, qui déplace des tonnes de neige, crée des espaces verts pour les animaux. Je n’ai jamais autant de chamois en une seule fois. Pas le temps de sortir l’appareil que je suis découvert et comme sur ordre se forment trois troupeaux d’une trentaine de têtes chacun, qui partent dans des directions différentes. Dans mon coeur je m’excuse de les avoir dérangés et j’arrête ma progression pour les laisser partir sans qu’ils doivent courir trop longtemps.

Je continue. J’observe le travail du vent dans la création des plaques à vent. C’est juste impressionnant la vitesse d’exécution. Dans ce thème je n’ai jamais appris autant en 23 jours. Et tu pose un pied dessus la plaque casse et en fonction de la pente elle reste sur place ou et dévale le talus.

J’arrive bientôt au tunnel qui protège le dernier 500 m de route. Le vent devient plus incisif et la pente avant et après le tunnel est chargé comme après un repas de Noël. Je regarde encore une fois le bulletin et ma décision est définitivement prise. Je tourne les skis et je retourne sur mes pas.

Me retrouvant dans une zone protégée du vent je suis assailli par le doute d’avoir pris la bonne décision. Je m’arrête plusieurs fois en me retournant. En fait je viens de décider d’arrêter une traversée de trois jours et ça me fait quelque part mal. Mais la nature est toujours la. Je lève mon boeuf pour protéger les joues et le nez et je baisse le masque ! Le vent est toujours là. J’avais besoins qu’il touche mon visage en me faisant mal pour que redevienne raisonnable. Je le voyait bien sur les sommets, mais il étais trop loin.

J’avance dans mon retour quand soudain je vois deux chevreuils. Le vent m’aide cette fois, en cachant mon odeur et mes bruits. Je sort l’appareil et je fait quelque cliché. J’avance et soudain un des deux se retourne et il me voit. J’ai le temps de faire deux photos et ensuite ils partent en courant sur l’herbe avec élégance.

En réfléchissant à ce beau moment nait en moi une émotion forte. Ai souvent vu des animaux, mais je n’ai jamais réussi à prendre des photos de si prêt. Je suis content du résultat.

J’arrive de nouveau dans la civilisation. Deux jeunes snowboarder me demandent d’ou je viens, j’explique et ils me disent que c’est sage. Je souris.

Ai pas dérouler mon plan, mais les imprévus mon gâté.

26/27.01

Le mauvais étais au rendez vous, sans surprise.

Je passe la journée du 26 en me promenant dans le village de Heiligenblut, en cherchant des variantes de parcours et en m’initiant au Sudoku. Ce jeu m’avais déjà attiré à quelques reprises mais faute de temps et surtout de patience, je l’avais abandonné.

Les préalables sont là, temps à dispo et envie de comprendre et déterminer une stratégie de résolution. Grâce à mon Appstore je déniche une app.

Mais d’ou vient cette idée du Sudoku ? Une grille dans le journal que je parcours en déjeunant à été mon stimuli ! Cette grille qui m’a encore résisté, comme tant d’autre, et ça j’aime pas.

Le 27, pendant le trajet entre Heiligenblut et Matreier Tauernhaus je parfait mes connaissances sur ce jeux.

Pour relier les deux lieux, à ski j’aurait du mettre trois jours. En bus je pars à 10h et j’arrive à 17h15.

Matreier Tauernhaus est un lieu composé d’une petite chapelle, d’une ferme, de l’hotel ou je dors et de quelques chalets. Situé sur une petite plaine et entouré de sommets, le plus connus est le Grossvenediger.

Aucune ancienne route de col reliait le nord au sud des alpes. Depuis 1967 un tunnel et une route relient le sud au nord, un des nombreux tunnels d’Autriche. Je pense que c’est grâce à tunnel que ce lieu est ouvert maintenant. En hiver on y peut pratiquer le ski de fond, le ski de randonnée et la cascade de glace.

Depuis ce lieu mon trip aurait du me porter, en passant par le Grosswenediger à Pretoi. Il ne sera pas ainsi, la météo des prochains jours étant trop incertaine et ne voulant pas risquer de me trouver coincé dans une des trois cabanes du parcours. Je parle de coincé parce que il s’agit de cabanes se situant au fond de vallées étroites et très raides.

Si j’y suis venu ici c’est essentiellement pour récupérer des affaires que j’avais envoyé d’avance.

28.01

Je suis là, alors profitons un peu. Assez fait de Sudoku.

La nuit il a neigé 20 cm. Je pars en direction d’un sommet du coin qui permet un accès faisable dans ces conditions. Les 300 premiers mètres de dénivelle se font dans la forêt. Il neige toujours, mais je suis protégé du vent et la visibilité est correcte.

En passant les 1800 m je mets les gants et à 2050 je m’arrête. La neige fraiche n’est plus présente, les croupes sont herbeuses et les fonds des petites vallées sont remplis de neige de type « plaque à vent », le vent se fait bien sentir et le brouillard est là.

La descente dans la forêts est un plaisir, le poids du sac aidant aussi.

Je prends un café et je repart en me dirigeant vers le jardin d’escalade de glace du coin. Il est vraiment bien équipé, même pour y aller le soir. Les aspirants guides Autrichiens sont là pour se former et se faire examiner. Interessant les voir évoluer, avec leur niveau très different.

C’est le premier jour ou je fais mes ballades accompagné. Et oui, un chien, celui du bistrot, m’a suivi dans mes deux sorties. Joueur et obéissant, à la montée il est resté pour la plupart du temps dans les traces, et à la descente il suivait son plaisir. Ai pas compris son style, mais ça doit assurément être une question d’école de ski.

29.01

Les météorologues autrichiens font bien leur boulot et comme d’hab, neige et brouillard ce matin et pour les prochains jour la même chose.

Si le chemin vers Prettau en Arnthal ne passe pas par la montagne, il passe par la vallée, si les tenanciers de l’hotel veulent bien m’aider, mais business is business.

Le service de bus, fonctionne que sur réservation 24h à l’avance et pas de taxi me dit-on. Merci google, je comprend le jeu qui est en train de ce passer. Fâché j’appelle le taxi.

Je dois absolument me rendre à Prettau car des paquets de suisse m’attendent avec toutes les recharges nécessaires. Avec la météo prévue je n’aurais sinon pas besoin d’y aller.

Taxi jusqu’à Matrei. Attente d’une heure. En bus je rejoins Lienz; en descendant du bus, mon ipad tombe, devant la roue du bus ! Je pose mes skis, mon sac, je me plie et le bus démarre. Je ramasse, dans la fourre un hachis de technologie. De rage tout passe à la poubelle et même pas de photos.

J’analyse rapidement le besoin de remplacement et de toute évidence je dois trouver une solution. Liens pas de appstore, par contre à Bruneck il y en a un. Il est 17h et j’ai un nouveau ipad. Je monte dans le bus pour Pretoi le mot italien de Prettau. Nous sommes en plein Tirol est la langue est l’allemand, même si tous comprennent l’allemand.

A l’arrêt du bus un monsieur regarde très intéressé mes ski et mes fix. Il me demande de les soulever et il me dit que s’il en avait eu des si légers, il n’aurait peut-être pas du changer la hanche. Dans le bus on s’assied un en face de l’autre et on discute sur l’hiver, sur la neige, le vent et les parcours. Il me semble bien affuté ce cher monsieur. Il pense que la traversée depuis Matrei n’étais pas en condition et en disant cela il me cite les points clé, problématiques selon lui et pourquoi. Je lui demande s’il est guide et timidement il me dit qu’il l’étais, mais que la hanche lui a fait arrêter. Il sourit quand je lui dit que je pense qu’il y a des métiers que on a dans le corps pour toujours, qu’on les exerces encore ou pas. Je profite pour lui parler de la traversée sur le Brenner. En empruntant une phrase à Bonatti il me dit « un bon alpiniste est un vieux alpiniste ». Il me parle ensuite de ces sommets suisses avec ces clients. De sa vallée qui se vide des jeunes qui préfèrent l’usine à la nature, même si la vie est plus dure, au moins physiquement. On arrive à Prettau; il part à gauche et moi à droite, non sans avoir échangé une belle poignée de main.

Je rentre dans l’hotel, une magnifique vieille bâtisse. A la réception on me tend le paquet de suisse. J’en attendais deux, il y en a un. Le grand, avec la nourriture et tout le reste, et le petit, avec le gas. Normalement on a pas le droit d’envoyer à l’étranger des paquets avec le gas. Donc logiquement c’est celui ci qui devrait manquer. Beh non, les problèmes ne sont pas termines, c’est le grand qui manque, celui avec les cartes topographiques, la nourriture et d’autres biens. L’impact réel de ce qui manque, je le réalise véritablement que pendant la nuit.

Quelle journée. La météo commence à me peser sur le moral. L’ipad et le paquet n’ont rien fait pour me le soulever !

30.01

Je décide tôt le matin, avant le petit déjeuner d’aller à Innsbruck qui est un peu plus loin que le Brennero, lieu ou j’avais prévu redémarrer mon périple. Je dois à priori trouver ce qui n’est pas arrivé.

Le moral est par terre.

Toutes les 30 minutes un bus part de Prettau pour rejoindre Bruneck; vous avez bien lu, toutes les 30 minutes environ 10 habitants ont la possibilité de monter dans un bus, et ceci depuis 5h50 à 22h30.

Bruneck, Fortezza, Brennero, Innsbruck.

Il neige, comme de l’autre coté des alpes.


C’est, comme je l’ai déjà dit un moment de doutes profond.


31.01

Je parcours la ville recouverte de 5 cm de neige fraiche. Les rue piétonnes sont très agréables, même si de temps en temps un bruit infernal couvre le calme. Un avion décolle, un autre atterri.

Je trouve les cartes et tout le contenu du paquet.

Je regarde les prévisions météo. Mauvais jusqu’à dimanche/lundi et après beau pour plusieurs jours.


Le raid Innsbruck - Nauders remplacera Prettau - Solden et celui d’après me portera à Coire. Si tout se passe comme prevu, depuis maintenant jusqu’à Cogne on sera au moins deux.

Je vous parlerais de ce mois en solitude ou presque.