Raid 12

19.03

A 9h15 le bus part pour Aosta avec à bord mon accompagnante. Je suis particulièrement ému. Reconnaissant, entre autre du fait que, malgré qu’elle est débutante dans ce sport, elle a tenus à m’accompagner ces quelques jours. Merci de tout coeur.

Je visite Cogne, je discute avec un jeune du village, je prépare la suite.

20.03

Je prépare le sac en attendant le bus de midi. C’est en effet à ce moment là que on sera de nouveau deux et que on partira en direction du refuge. On porte les ski un bon moment et enfin on les chausses. Deux heures après on est chaudement accueilli au refuge Vittorio Sella. La langue des clients qui se lancent tous sur le tour du Grand Paradis, est le français. On rassemble les tables et on mange ensemble en racontant nos différents projets.

Je me bat pour trouver deux lits au refuge Benevolo, et ce n’est pas facile. On a encore 24h et après on doit décider le parcours définitif pour les prochains jours.

On prépare ensemble le parcours du lendemain. La traversée vers Pont s’annonce interessante.

21.03

On part en premier car notre journée sera longue. Montée à la Grande Serre, descente en Valsarenche, montée au col est du Grand Neyron, descente à Praviu d’amont en passant par refuge Chabot et montée à Pont.

A l’hotel le propriétaire nous accueille et on sera 4 clients pour la soirée. Il est très chaleureux jusqu’au moment ou, pendant le souper, je lui indique que la polenta de la dernière fois étais bien meilleure, bien plus authentique que celle faite minute qu’il vient de nous servir. Touriste oui, mais n’exagérons pas.

C’est agrèable de dormir dans une petite chambre et de se doucher. Ces prochaines semaines ça sera plutôt le luxe ce genre de confort..

L’équipe marche bien. Dans les passages techniques chacun c’est ce qu’il y à faire, notre rythme de montée est bon et à la descente on avance bien.

Par le biais des amis français, qui dorment à Benevolo on arrive à obtenir deux places. On peut donc dérouler le meilleur des plans dessinés.

22.03

La longue montée al col Nivoletta commence par un bon portage. Quel manque de neige par ici. Les bouquetins et les chamois nous accompagnent du regard et se laissent photographier en jouant les stars.

On chausse les skis et la traversée d’un long plat s’offre à nous. Personne à la ronde, peu de traces, magique.

Pause vers le lago Leyta avant le passage technique déniché hier.

Longue traversée avant les derniers mètres de dénivelé.

On avait envisagé une petite descente avant la montée à un sommet du coin. Sans se concerter on y renonce et on arrive au refuge Benevolo qui est plein ce soir là.

Une bonne soupe en se reposant au soleil.

La nuit sera pour moi longue et difficile.

Le suisse allemand qui, en tant que chef de course du club alpin depuis 40 ans, n’a pas besoins de guide, ronfle à haute fréquence. La chance que je n’ai pas mon piolet.

23.03

Départ matinal pour rejoindre refuge du Fond des Fours en passant par la huppée Val d’Isère.

Encore une fois seuls au monde. Un beau renard nous fuit. On le croise de loin vers 2800 m. Je m’y attendais vraiment pas de le voir ici.

On passe le col Rhemes-Calabre à bonne allure et on file en ville.

Avec nos sacs, notre baudrier, les piolets et la corde ont se sens comme des poissons hors de l’eau. Les regards sont curieux, étonnés.

On se presse de retourner dans le monde qu’on aime.

Le refuge est composé de trois maisonnettes. Une cuisine et réfectoire, l’autre dortoir et la troisième pour le gardien. La famille qui gardienne est présente sur site avec les deux enfants de 6 mois et 3 ans. Quelle équipe de jongleurs. C’est beau à voir.

On passe l’après midi qui en lisant, qui en écrivant le blog tantôt au soleil tantôt à l’ombre.

J’attend le souper avec impatience.

24.03

Invité par les Français au refuge du col de la Vanoise, on y arrive vers 13h30. Ce qui nous à conduit rapidement ici c’est bien leur invitation et l’idée de faire la Grande Casse le lundi en équipe. Rapidement on se rend compte que le plan Grande Casse en équipe est tombé à l’eau, mais pas grave, on fera sans eux.

La nuit aux Fond des Fours a été difficile. Partager le dortoir avec 24 autres personnes est un exploit qu’on à maintenant de la peine à réussir avec aisance. Je ne suis pas le seul et, un guide avec beaucoup d’expérience m’envoi sur les roses quand je lui pose la question de la qualité de sa nuit. Le traiter d’ours serait une offense à cette espèce !

On s’arrête prendre un café à la cabane de la Femma. Le gardien doit être le « frère » du guide :-) Les règles sont les règles et elles sont appliquée à la lettre.

On continue notre périple en descendant cette longue vallée.

Au loin on découvre notre premier nuage de la semaine; prélude du mauvais annoncé ?

Il fait chaud en montant en direction du col de la Vanoise. Encore un plat, un long plat et on y arrive. On me fait remarquer que j’ai tracé à vive allure; en effet j’en avais bien marre.

On goute une fameuse omelette en arrivant et après on gère le temps en discutant avec les amis de connaissances.

Un repas en commun et dodo. Nos amis partirons tôt, nous on pourra flâner en attendant les bonnes conditions pour la Grande Casse.

25.03

Le départ se fait vers 8h45. C’est tard, mais pour avoir une bonne descente il faut que le soleil aie chauffé la face. On monte avec les sacs légers et c’est un vrai bonheur. Vers 3300 mètres j’apprend qu’il manque un piolet, laissé assurément dans la neige lors d’une pause pipi.

Mon réflexe sécurité s’enclenche. On monte dans une face dure qui devient de plus en plus raide; on devra bientôt mettre les crampons et les skis sur le sac. Evoluer sans piolet n’est pas une option pour moi. Je suggère le retour arrière à la recherche du piolet. Un moment après on descend. On arrive à la cabane sans le fameux piolet.

La chance veux que il est retrouvé par une autre équipe.

On rediscute la décision prise. Lorsque en voiture je crève et que je n’ai pas une deuxième roue de secours, mon premier réflexe est celui de la remplacer et pas celui de me lancer dans un terrain ou le risque de crevaison est élevé.

Le temps se gâte. Vent de moyen à fort dans un premier temps, neige par la suite. L’après midi fait pas bon être dehors, et dedans on joue. Abalone, tris et on construit des maisons de cartes.

Pour le souper on se trouve à table avec un couple. De belles discussions sur les méthodes de transmettre le ski de randonnée sont lancées. Le projet que je réalise est source aussi de discussion. Il génère envie et respect. Je comprend bien le premier, moins le deuxième, car au fond ce n’est que 85 ballades d’une journée avec un peu de logistique autour.

J’ai aussi la possibilité de discuter aussi avec des jeunes d’un lycée « sport de montagne ». Le but de cette formation sur 3 ans est de les préparer aux mieux aux futures formations spécifiques des métiers de la montagne, comme guide, secouriste, pisteur, etc.

26.07

La météo annoncée la veille, soit vent très fort, a fait que nous avons renoncé à la traversée par les hauts. La nuit le vent a soufflé encore fort et rien nous a fait changer notre plan.

Réveil pour 7h et départ vers 8h.

Apparemment l’echo de la cabane fait du bruit. Les guides ont entendu qu’un suisse parlant français est en route à travers les alpes. En sortant pour partir un d’eux m’approche. On parle de son projet de la semaine prochaine qui se déroule dans la région des Wildstrubel.

Avec ces échanges je me fait attendre et au vu de la météo pas si mauvaise on change un peu nos plans. On monte vers la pointe Rechasse, on descend sur pont de la Renaudière, on monte au plan du Lac et on descend à Termignon. Un autostop efficace nous amène à Modane-Valfréjus.

C’est le dernier jour de ce raid Cogne-Valfrejus.

Demain j’ai jour logistique en attendant l’arrivée de mes nouveaux compagnons. Le trajet pour le retour en suisse sera par contre l’occupation primaire de la compagne de cordée de ce raid.

Je m’endors comme un bébé.

La nuit est compliquée. Le décès du papa de la femme de mon frère me fait réfléchir. J’ai décidé de ne pas participer aux obsèques, mais est-ce la bonne décision ? Qu’apporte réellement ma présence ? Quelle est la valeur des mots que on peut bien échanger dans ces moments ? Ça va me tracasser encore un peu.

27.03

Petit déjeuner à 7 heures avant d’affronter un voyage en transports publics bien long.

Ces jours ont été beaux. Merci de tout coeur.


Pour ma part je monte à Valfrejus.

Lessive, écriture de texte, publication de photos, téléphones à la famille, factures, ...